Bercy Colloc, Bercy au service des collectivités locales
N°52 - 3 juillet 2009

 
  A LA UNE



DEVELOPPEMENT LOCAL

Un FISAC rénové
à la disposition des communes


Lors de l’élaboration et de l’examen de la loi de modernisation de l’économie du 4 août 2008, le Gouvernement et le législateur ont souhaité renforcer l’action du Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce (FISAC). En complément de la loi, deux décrets et un arrêté, parus fin 2008, ont permis de préciser les modalités d’intervention du fonds. Présentation des aides offertes aux communes pour préserver et développer le commerce et l’artisanat de proximité.

Disparition des commerces de proximité en milieu rural, commerces de bouche remplacés par des agences bancaires ou immobilières dans les centres-villes, espaces commerciaux délabrés dans les zones urbaines sensibles : rares sont les communes, petites et grandes, rurales et urbaines, qui ne se trouvent pas confrontées à des difficultés de cette nature. Au-delà des services qu’ils rendent au quotidien, le commerce et l'artisanat de proximité occupent, en effet, une place importante dans l’économie et garantissent l’animation et la qualité de vie des territoires.

Pour protéger la diversité commerciale, les collectivités locales disposent depuis vingt ans d’un instrument privilégié : le Fonds d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce (FISAC). Lors de sa création en 1989, l’objectif assigné au FISAC était de répondre aux menaces pesant sur l’existence de l’offre commerciale et artisanale de proximité dans des zones rurales ou urbaines fragilisées par les évolutions économiques et sociales. Vingt ans plus tard, le bilan est positif : chaque année, le FISAC consacre environ 55 millions d’euros à des opérations dites "territoriales" (d’initiative locale) et 25 millions d’euros aux opérations nationales. "Le FISAC est un outil qui a fait ses preuves tant pour le maintien du commerce de proximité que pour l’implantation de nouvelles activités commerciales", confirme François Turcat, chef du bureau du développement du commerce et de l’artisanat, à la direction générale de la Compétitivité, de l’industrie et des services (DGCIS) (1). Quelques points restaient néanmoins à améliorer pour accroître son efficacité".
C’est désormais chose faite grâce aux apports de la loi de modernisation de l’économie (LME) du 4 août 2008. "Les dispositions issues de la LME vont permettre de conforter et de cibler l'intervention du FISAC sur des territoires et des domaines précis", indique Dominique Cambon, adjoint de François Turcat, en charge de la mise en oeuvre de la réforme. Le dispositif rénové s'articule autour de deux axes majeurs : des critères d'éligibilité élargis et des taux d'intervention majorés pour certaines interventions jugées prioritaires". En complément de la loi, trois textes sont parus le 31 décembre 2008 et une circulaire vient d’être publiée par la DGCIS pour expliciter le nouveau cadre réglementaire (voir le détail des principales mesures ci-après).

Comme le rappelle François Turcat, "le FISAC a évolué au fil du temps, passant progressivement d’une logique de sauvegarde (le "s" initial de FISAC) à une logique d’accompagnement dynamique. Les nouvelles modalités d’intervention du fonds doivent permettre de renforcer son rôle d’impulsion en faveur du commerce et de l'artisanat au sein d’un territoire." Si le FISAC constitue un outil précieux, il ne doit pas être pour autant considéré comme un dispositif "clé en main" ni une "solution miracle" pour résoudre tous les problèmes. Pour François Turcat, "il serait en effet faux de croire que l’intervention du FISAC suffise à assurer la réussite d’un projet. La cohérence d’ensemble du projet ainsi que la coordination et la concertation de l’ensemble des acteurs locaux (associations de commerçants, chambres consulaires, collectivités territoriales, etc.) demeurent essentiels."

Pour en savoir plus :

DGCIS - Circulaire du 22 juin 2009 relative au Fonds d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce
DGCIS - Circulaire du 22 juin 2009 relative au Fonds d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce - Dossier administratif
Les principales nouveautés à connaître
Le FISAC en chiffres
Article 100 de la loi n°2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de l'économie
Décret n°2008-1470 du 30 décembre 2008 pris pour l'application de l'article L.750-1-1 du code de commerce
Décret n°2008-1475 du 30 décembre 2008 pris pour l'application de certaines dispositions de l'article L.750-1-1 du code de commerce
Arrêté du 30 décembre 2008 pris pour l'application du décret n°2008-1475 du 30 décembre 2008 pris pour l'application de certaines dispositions de l'article L.750-1-1 du code de commerce
Arrêté du 15 mai 2009 modifiant l'arrêté du 21 juillet 1992 fixant les modèles de registres prévus par le décret n°88-1040 du 14 novembre 1988 relatif à la vente ou à l'échange de certains objets mobiliers et l'arrêté du 30 décembre 2008 pris pour l'application du décret n°2008-1475 du 30 décembre 2008 pris pour l'application de certaines dispositions de l'article L.750-1-1 du code de commerce



Les principales nouveautés à connaître

Qu’est-ce que le FISAC ?

Le FISAC est une aide de l’Etat qui vise en priorité à favoriser la création, le maintien, la modernisation, l’adaptation et la transmission des petites entreprises du commerce, de l’artisanat et des services afin de préserver ou développer un tissu d’entreprises de proximité. Les collectivités locales peuvent s’appuyer sur le FISAC pour réaliser des actions de fonctionnement (animation commerciale, communication, recrutement d’animateurs de centre-ville, etc.) et d’investissement (rénovation de halles et marchés, modernisation d’équipements professionnels, renforcement de parcs de stationnement, aménagement de rues commerçantes, etc.). Le fonds verse également des subventions à des entreprises (le plus souvent en milieu rural, en faveur d’entreprises économiquement viables et dont la création n’induit pas de distorsion de concurrence).
Le FISAC sert par ailleurs au financement d’opérations nationales (actions de développement économique des chambres de métiers et de l’artisanat, pôles d’innovation de l’artisanat, indemnisation des commerçants et artisans sinistrés lors de catastrophes naturelles ou technologiques, politiques nationales de dynamisation d’entreprises artisanales ou commerciales, opérations exceptionnelles de modernisation dans des secteurs en difficulté, etc.).

Quels sont les territoires concernés ?

La loi de modernisation de l’économie du 4 août 2008 oriente de manière prioritaire les interventions du FISAC en milieu rural, dans les zones de montagne, les halles et marchés ainsi que dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. En outre, la possibilité de mobiliser le fonds dans le cas de circonstances exceptionnelles susceptibles de provoquer une atteinte grave au tissu commercial est explicitement mentionnée.

Quelles actions peut-on mener au titre du FISAC ?

Les modalités d’intervention du FISAC sont fixées par un décret et son arrêté d’application. Ces deux textes définissent précisément la nature des opérations et des dépenses éligibles.
Parmi les nouveautés, on retiendra :
- l’éligibilité des commerçants non sédentaires aux aides du FISAC ;
- la possibilité pour le fonds d’accompagner des opérations de communication et d’animation destinées à redynamiser une rue ou un quartier dont l’activité commerciale se trouve affectée par des travaux publics ;
- l’augmentation du plafond de chiffre d’affaires annuel hors taxes des entreprises éligibles au FISAC qui est désormais fixé à 1 million d’euros HT au lieu de 800.000 euros HT précédemment ;
- l’élargissement du champ des opérations individuelles en zone rurale, le seuil de population des communes éligibles à ce type d’intervention étant porté de 2.000 à 3.000 habitants.

L’éventail des dépenses susceptibles d’être financées par le FISAC est très large. Quelques exemples :
- en centre-ville, sont subventionnables les investissements permettant d’optimiser l’attractivité des espaces commerciaux (requalification d’une rue commerçante, piétonisation, aménagement des trottoirs, etc.) et d’améliorer leurs conditions accès (signalétique, stationnement de proximité) ;
- les halles et marchés peuvent bénéficier du fonds pour des travaux de mise aux normes ou de réhabilitation ;
- en zone rurale, le FISAC permet d’aider les communes à acquérir des locaux d’activité ou à transformer d’anciens bâtiments communaux en locaux commerciaux ;
- des aides financières individuelles peuvent être accordées aux commerçants pour rénover leur vitrine, moderniser et sécuriser leurs locaux, faciliter l’accessibilité de leur commerce aux personnes handicapées et à mobilité réduite (ceci à condition que la collectivité verse une participation financière équivalente, hormis pour les opérations situées en ZUS et ZFU) ;
- la mise en place de cartes de fidélité destinées à encourager les clients dans leurs achats réguliers constituent également des opérations éligibles au titre des opérations de fonctionnement.

Quels sont les taux d’intervention ?

Les taux d’intervention sont désormais majorés :
- pour les opérations collectives d’investissement, le taux maximum de financement est porté à 30% (au lieu de 20% précédemment) ;
- les aides directes aux entreprises sont majorées au moyen d’un relèvement, d’une part, de leurs dépenses d’investissement subventionnables qui passent de 50.000 euros à 75.000 euros hors taxes et, d’autre part, du taux de financement qui est porté à 30% ou à 40% selon les aménagements projetés. Le taux est ainsi de 30% pour les investissements matériels tels que ceux destinés au renouvellement de l’équipement professionnel (véhicule, étal, etc.) ou à la modernisation du local d’activité, et de 40% pour les dépenses de sécurisation ou celles visant à favoriser l’accessibilité des locaux commerciaux aux personnes handicapées et à mobilité réduite.

Les autres nouveautés

- L’un des objectifs du nouveau dispositif est de faciliter l’exercice du droit de préemption des fonds de commerce par les communes. Le FISAC peut prendre en charge une partie des intérêts des emprunts contractés par une commune pour l'acquisition de fonds artisanaux, de fonds de commerce, de baux commerciaux ou de terrains destinés à l'aménagement commercial. "Ces dépenses peuvent être financées à hauteur de 50%. Lorsque le droit de préemption est exercé dans les zones urbaines sensibles et dans les zones franches urbaines, le taux de financement est porté à 80%", précise Dominique Cambon.
- Un conseil stratégique et une commission d’orientation seront prochainement installés pour associer les élus et les personnalités qualifiées en matière d’activité de proximité à la définition des orientations du FISAC.
- Le délai de carence entre deux opérations ayant le même objet est ramené de cinq à deux ans pour les maîtres d’ouvrage publics et pour les entreprises, le temps de mener à bien les évaluations sur les actions précédentes réalisées avec l'aide du FISAC.
- La création des directions régionales des Entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (2), qui prendront en charge l'instruction des dossiers FISAC ainsi que leur gestion administrative et financière, devrait favoriser la réduction des délais d'attribution des aides (3).



Notes :
(1) NDLR - La direction générale de la Compétitivité, de l’industrie et des services (DGCIS) a été créée par le décret n°2009-37 du 12 janvier 2009 dans le cadre de la révision générale des politiques publiques. Rattachée au ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, la DGCIS résulte de la fusion de la direction du Commerce, de l’artisanat, des services et des professions libérales avec la direction générale des Entreprises et la direction du Tourisme.

(2) NDLR - Les directions régionales des Entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE) regrouperont les délégations régionales au Commerce et à l’artisanat, la partie économique (et la métrologie) des directions régionales de l’Industrie, de la recherche et de l’environnement et les délégations régionales au Tourisme.

(3) NDLR - Actuellement, l'instruction des dossiers de demande de subvention FISAC est assurée par les préfectures de département qui formulent un avis et recueillent celui des délégués régionaux au commerce et à l'artisanat. Ces mêmes préfectures assurent également la gestion administrative et financière des dossiers après que la décision d'attribution de la subvention a été prise par le secrétaire d’Etat chargé du Commerce.


 
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