N°5 - 4 avril 2003

 

  A LA UNE

Conseil fiscal aux collectivités :
le Trésor public bientôt en première ligne

La mission d’information et de conseil aux collectivités locales en matière de fiscalité directe locale est aujourd’hui assurée par les centres départementaux d’assiette. D’ici à l’été 2004, cette fonction sera progressivement transférée aux comptables publics, qui deviendront l’interlocuteur unique "MINEFI" des ordonnateurs locaux pour l’ensemble des questions de nature budgétaire et fiscale.

Rares sont les collectivités locales dont la politique fiscale, aujourd’hui, se limite au vote des taux par l’assemblée délibérante une fois par an. Suivi des établissements dominants en matière de taxe professionnelle, réexamen périodique des abattements facultatifs de taxe d’habitation, création d’observatoires fiscaux pour anticiper l’évolution des bases sont désormais des outils couramment utilisés par les collectivités soucieuses d’équité fiscale entre les différentes catégories de contribuables, et de visibilité en matière de prévision budgétaire.

La mise en place, dans une collectivité, d’outils de cette nature suppose une collaboration avec les services du ministère de l’Economie, des finances et de l’industrie (MINEFI), qui sont responsables des travaux d’émission des rôles des impôts directs locaux et peuvent, sur demande de la collectivité, lui apporter des informations réglementaires et des statistiques, voire réaliser pour son compte des simulations fiscales. Ces prestations aujourd’hui fournies par les centres départementaux d’assiette (CDA) seront demain assurées par le réseau du Trésor public.

En effet, dans le cadre du projet de réforme "Bercy en mouvement" annoncé par Francis Mer, ministre de l'Economie, des finances et de l'industrie, et Alain Lambert, ministre délégué au Budget et à la réforme budgétaire, la direction générale des Impôts et la direction générale de la Comptabilité publique ont signé, à l’automne 2002, un protocole national visant à doter à terme chaque collectivité d’un interlocuteur financier et fiscal unique, en la personne du comptable du Trésor. Ce dernier, aujourd’hui en position d’apporter une aide en matière budgétaire, tandis que le CDA conseille sur le plan fiscal, cumulera demain les deux casquettes, l’objectif étant d’aboutir de facto à un service global de meilleure qualité pour les collectivités. Pour les questions complexes nécessitant une expertise particulière, le comptable pourra s’appuyer sur un pôle spécialisé "fiscalité directe locale" créé au niveau départemental, au sein de chaque trésorerie générale, voire recourir à l’appui technique d’un pôle national.

Ressortiront donc, bientôt, de la compétence du comptable du Trésor :
- la réalisation de simulations en matière d’abattements de taxe d’habitation ;
- la réponse aux collectivités pour les interrogations relatives aux délibérations fiscales (dates limites pour délibérer, proposition de délibérations-types, etc.) ;
- les questions touchant aux conséquences fiscales de la création ou de la transformation d’un établissement public de coopération intercommunale ;
- les demandes d’informations complémentaires par rapport aux états fiscaux transmis chaque année aux collectivités locales ;
- la communication d’informations précoces sur l’évolution des bases des établissements dominants soumis à la taxe professionnelle ;
- etc.

Le calendrier du transfert de compétence des CDA vers les comptables du Trésor s’échelonnera de la mi-2003 à la mi-2004, délai nécessaire d’une part à la formation des agents, d’autre part aux travaux informatiques de connexion du Trésor public à l’application spécialisée utilisée par les CDA. Dès le 1er juillet 2003, le transfert sera effectif dans 18 départements (1), qui seront suivis d’un nombre équivalent à l’automne 2003, avant la généralisation du dispositif au 1er juillet 2004.

Note : (1) Alpes-Maritimes, Calvados, Côte d'Or, Côtes d'Armor, Eure, Eure-et-Loir, Finistère, Gironde, Hérault, Ille-et-Vilaine, Isère, Loire-Atlantique, Morbihan, Nièvre, Haute-Saône, Seine-et-Marne, Vosges et Val-de-Marne.


  EN BREF

Métropoles européennes : la France bien placée

Quatorze ans après le rapport Brunet et sa fameuse "banane bleue", la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (DATAR) publie une nouvelle étude comparative sur les 180 grandes villes européennes de plus de 200.000 habitants, parmi lesquelles figurent 30 agglomérations françaises. L’objet en est de mesurer le rayonnement de chaque ville à partir d’une batterie d’indicateurs divers (présence de sièges sociaux de grands groupes, nombre d’étudiants, diversité des activités économiques, etc.). Le résultat d’ensemble est encourageant : "le rayonnement constaté des principales capitales régionales françaises les place en meilleure position que celle à laquelle elles pourraient prétendre de par leur poids démographique", se réjouit Nicolas Jacquet, délégué à l’aménagement du territoire et à l’action régionale. Avec un sévère bémol toutefois : "nos grandes villes sont plus fortes de leurs fonctions de rayonnement culturel qu’elles ne le sont des grandes fonctions économiques directement créatrices de valeur".

Pour plus de détails :

Le rayonnement comparé des villes européennes – Synthèse


Décentralisation : les agglomérations réclament leur part

Maires et présidents de communauté des plus grandes agglomérations françaises souhaitent à la fois transferts et expérimentations de nouvelles compétences à l’occasion de l’acte II de la décentralisation. Le 21 mars, à l’occasion de la troisième conférence des villes, un "manifeste pour la ville" co-signé par sept associations d'élus (1) a été remis au Premier ministre. En matière de transferts de compétences au bénéfice des agglomérations, trois domaines prioritaires sont avancés : l’habitat, le social (notamment la prévention spécialisée) et les pouvoirs de police. Dans la réforme à venir des finances locales, les élus urbains attendent une modernisation de la fiscalité et une refonte de la dotation globale de fonctionnement (DGF), et se déclarent préoccupés du devenir de la compensation de la part "salaires" de la taxe professionnelle, dont la loi prévoit l’intégration à la DGF à compter de 2004.

Note : (1) Association des maires de grandes villes de France, Assemblée des communautés de France, Association des communautés urbaines de France, Association des petites villes de France, Association française des villes nouvelles, Fédération nationale des agences d’urbanisme et Union sociale pour l’habitat.

Pour consulter le détail des propositions des agglomérations :

Le manifeste pour la ville


Devenir des fonds structurels : le débat est ouvert

Que deviendra la politique française d’aménagement du territoire une fois réalisé l’élargissement des frontières de l’Union européenne ? A quelques jours d’intervalle, trois institutions viennent d’apporter leur pierre à la réflexion que doit conduire la France d’ici à 2006. Le Sénat, qui qualifie de "procédure lourde" le mode d’emploi actuel des fonds structurels européens, s’interroge sur l’avenir de ces derniers, en leur prédisant des "perspectives mitigées". La délégation à l’aménagement et au développement durable du territoire de l’Assemblée nationale prédit, pour sa part, " une perte financière certaine " (hors départements d’outre-mer) et préconise, pour la période 2007-2013, une réorientation des crédits vers les zones rurales et vers les petites villes mono-industrie. Quant au comité stratégique de la DATAR, il propose dix "orientations pour une nouvelle politique d’aménagement du territoire", parmi lesquelles figurent "la refondation du pacte financier liant l’Etat et les collectivités locales".

Pour en savoir plus :

Sénat - Les fonds structurels européens 2000-2006 à la croisée des chemins
Assemblée nationale - Rapport d’information n°701
DATAR - Propositions pour une nouvelle politique de développement des territoires pour la France
Sur MINEFI COLLECTIVITES LOCALES - Fonds structurels : les mesures nationales


HLM : des progrès à faire sur le plan comptable

Des 186 organismes HLM contrôlés, en 2001, par la Mission interministérielle d’inspection du logement social (MIILOS), 28% seulement présentaient une comptabilité correctement organisée. Trente pour cent, en revanche, tenaient une comptabilité "lacunaire en raison du non-respect des instructions comptables", et 42% une comptabilité "déficiente du fait de l’irrespect de quelques règles d’instructions comptables". Parmi les anomalies les plus graves relevées par la Mission figurent :
- 32 cas d’insuffisance de tenue des documents comptables ;
- 22 cas d’image des comptes non fidèle ;
- 21 cas d’organisation comptable déficiente ;
- un tiers environ de cas de fiches de situation financière et comptable mal tenues ;
- 71 cas d’erreurs d’imputation de comptes ;
- 66 cas d’erreurs dans le calcul des provisions pour risques et charges ;
- 38 cas d’erreurs dans le calcul des provisions pour créances douteuses.
Soit un résultat global qui, selon la MIILOS, "devrait interpeller les administrateurs" des organismes contrôlés. Pour plus de détails

Pour plus de détails :

MIILOS - Rapport annuel d’activité 2001


Utiles : les annexes du bilan de la vie associative 2000-2002

Outre le bilan du centenaire de la loi de 1901 et une appréciation de la contribution des associations au renouveau de la participation, le dernier rapport du Conseil national de la vie associative présente, sous forme d’annexe, un récapitulatif complet de toutes les dispositions législatives et réglementaires intéressant le secteur sur la période 2000-2002. Autre annexe à conserver, une bibliographie détaillée sur le sujet de la participation.

Pour consulter le rapport :


Bilan de la vie associative 2000-2002


A lire - Politique de la ville : comparaison franco-néerlandaise

En France comme aux Pays-Bas, la politique de la ville des années 80 et 90 a été développée "avec des objectifs semblables de cohésion sociale et de participation citoyenne", constatent les auteurs d’une récente étude comparative menée sur ces deux pays. L'analyse des cas concrets de Rouen (France) et de Haarlem (Pays-Bas) détaille les résultats obtenus ici et là dans trois domaines (la qualité de la vie, l’insertion et la participation), pour conclure au poids des traditions politiques (sur-valorisation du politique et personnalisation des pouvoirs en France, priorité au délibératif et au pouvoir collectif aux Pays-Bas) dans les résultats de l’action publique.

Pour télécharger le rapport :

Performances institutionnelles et traditions civiques comparées aux Pays-Bas et en France

Modernisation des comptabilités locales - M52 et M61

Dans sa séance du 1er avril dernier, l’assemblée plénière du Conseil national de la comptabilité (CNC) a rendu un avis favorable à l’unanimité sur la réforme comptable des départements (M52) et des SDIS (M61), en soulignant le nouveau pas franchi dans la modernisation des comptabilités des collectivités locales. Le CNC a ainsi entériné le principe de la neutralisation budgétaire de certains amortissements et la règle du versement des subventions d’équipement en section d’investissement. Par ailleurs, le Comité des finances locales, lors de sa séance du 27 mars dernier, a donné un avis favorable aux deux décrets pris en application de la loi du 19 février 2003 portant réforme budgétaire et comptable des départements et des SDIS. Ces deux décrets seront publiés prochainement, après avis du Conseil d’Etat pour l’un des deux.


 QUOI DE NEUF SUR MINEFI COLLECTIVITES LOCALES
FINANCES LOCALES

APA : adoption définitive du projet de loi le 18 mars 2003
Les députés ont adopté définitivement le 18 mars la proposition de loi sénatoriale relative à l'allocation personnalisée d'autonomie (APA). Dorénavant, l'allocation ne sera plus versée à compter du dépôt du dossier mais une fois la demande acceptée par le conseil général.
Loi n°2003-289 du 31 mars 2003 relative à l'APA
AN - Le rapport de la commission des affaires sociales
Sénat - Le rapport de la commission des affaires sociales

Autres textes et études récents sur l'APA :
Décret n°2003-278 du 28 mars 2003 - Conditions d'attributions de l'APA
Arrêté du 18 mars 2003 - APA - Revalorisation des plafonds de ressources
Circulaire DSS/5 A n°2003-75 du 17 février 2003 - Modalités de répartition et de versement du concours aux départements par le FAPA pour 2002 et 2003
Ministère des Affaires sociales - Etude sur la mise en oeuvre de l'APA au premier semestre 2002

Instructions budgétaires et comptables
L'instruction M21 applicable aux établissements publics de santé
L'instruction M22 applicable aux établissements publics sociaux et médico-sociaux
L'instruction M4 applicable aux services publics industriels et commerciaux

Comité des finances locales
Compte-rendu du comité des finances locales approuvé le 27 mars 2003 - Séance du 4 février 2003

Les dernières instructions fiscales
Retrouvez sur MINEFI COLLECTIVITES LOCALES les toutes dernières instructions fiscales concernant les collectivités locales (TP, TH, TF, TEOM).
En savoir plus


MARCHÉS PUBLICS
GESTION LOCALE

Décentralisation : les réformes en cours

La loi constitutionnelle n°2003-276 relative à l'organisation décentralisée de la République a été publiée au journal officiel le 29 mars. Le texte porte sur cinq points principaux : le principe de subsidiarité (recherche de la proximité dans la prise de décision), le droit à l’expérimentation (tester le niveau pertinent en matière d’action publique), la participation populaire (consécration du référendum d’initiative populaire), le développement de l’autonomie financière et de la péréquation (transferts de compétences accompagnés d'un transfert équivalent de moyens) et la reconnaissance d’un pouvoir réglementaire pour tenir compte des spécificités locales
Loi constitutionnelle du 28 mars 2003 relative à l'organisation décentralisée de la République

Le Conseil constitutionnel se déclare incompétent pour statuer sur le recours formé par plus de soixante sénateurs contre la révision constitutionnelle relative à l'organisation décentralisée de la République, adoptée par le Congrès le 17 mars dernier.
Décision N°2003-469 DC- 26 mars 2003 - Révision constitutionnelle relative à l'organisation décentralisée de la République

Economie / Démographie
Les études régionales

Aménagement du territoire
Questions parlementaires

INTERCOMMUNALITÉ


Aspects budgétaires et comptables

Le parlement a adopté une disposition qui étend aux communautés d'agglomération créées ex-nihilo le régime de garantie d'évolution de la DGF des communautés issues d'un transfert.
Loi n°2003-299 du 2 avril 2003 relative à la garantie unique d'évolution de la DGF des communautés d'agglomération

Données chiffrées
Les finances des groupements de communes à fiscalité propre en 2001

 
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