N°4 - 10 mars 2003

 

  A LA UNE

Commerce extérieur :
vers une implication accrue des régions

La deuxième étape de la décentralisation devrait consacrer les régions comme acteurs majeurs de la politique française en matière de commerce extérieur. En exclusivité pour La Lettre d’information MINEFI COLLECTIVITES LOCALES, François Loos, ministre délégué au Commerce extérieur, présente les points forts et les objectifs attendus de la réforme.

La Lettre d’information MINEFI COLLECTIVITES LOCALES - Vous avez annoncé récemment le transfert prochain aux régions de compétences en matière de commerce extérieur. Quel est le contour précis du transfert envisagé, et selon quel calendrier ?

François Loos - L’idée générale consiste à donner une véritable compétence aux régions en matière de commerce extérieur et de faire en sorte que les régions soient en mesure d’impulser le développement économique régional, par une meilleure prise en compte des attentes des entreprises qui souhaitent s’internationaliser.

Par ailleurs, inscrite dans un très vaste programme de décentralisation engagé par le gouvernement, notre ambition s’agissant du commerce extérieur vise à simplifier notre système public de soutien au commerce extérieur et à rapprocher le dispositif des entreprises, en particulier des PME qui constituent le principal gisement de nouvelles exportations et d’emplois.

La Lettre - Plusieurs régions se sont d’ores et déjà portées candidates à une expérimentation dans ce domaine. A partir de quand les expérimentations pourront-elles démarrer, et selon quelles modalités ?

FL - Il n’est pas prévu de phase « d’expérimentation » mais en revanche, une « anticipation » sur quatre régions est envisageable dès le printemps 2003. La Bretagne, la Lorraine, le Limousin, les Pays-de-la-Loire ont fait savoir qu’ils étaient intéressés. Des discussions viennent d’être engagées entre les préfets de région, les directions régionales du Commerce extérieur et les régions en vue d’établir une convention cadre provisoire permettant de travailler jusqu’à la mise en place définitive des textes relatifs à la décentralisation. Ces conventions pourraient être signées au mois d'avril.

La Lettre - Quels résultats concrets attendez-vous d’une implication accrue des régions dans la politique de commerce extérieur développée par la France ? Comment pensez-vous garantir la cohérence des futures politiques régionales en la matière ?

FL - Nous attendons de ce transfert de compétence aux régions qu’il optimise la gestion des contrats de Plan Etat-régions dont nous espérons qu’ils prendront encore mieux en compte que dans le passé les besoins des entreprises et notamment des PME. Nous espérons également que la coordination des différents acteurs publics ou privés du commerce extérieur s’effectuera dans de bien meilleures conditions, et notamment que les relations entre le réseau consulaire et l’Etat au niveau national seront plus efficaces.

Nous ne doutons pas que l’identification et l’accompagnement des PME à l’international tiendront plus concrètement compte des spécificités du tissu économique local. Enfin et surtout, nous pensons que l’interface entre les acteurs régionaux coordonnés par les régions, avec le réseau des 154 missions économiques à l’étranger, sera d’une bien meilleure efficacité et offrira une réponse plus pertinente aux attentes des entreprises.

Cette réforme a du sens : elle s’inscrit évidemment dans un programme beaucoup plus vaste de décentralisation, pour une plus grande proximité des entreprises avec les acteurs locaux. Mais elle répond aussi aux exigences des chefs d’entreprises qui souhaitent aujourd’hui obtenir des informations pertinentes, fiables et personnalisées sur les marchés étrangers, un accompagnement et un suivi de leur démarche d’internationalisation passant par la participation à des salons, ainsi que des soutiens personnalisés qui tiennent compte des spécificités propres aux entreprises ou aux marchés sur lesquelles ces dernières évoluent.

Je suis convaincu que nos entreprises retireront de nombreux bénéfices de ce mouvement de décentralisation, qui ne satisfait pas à un effet de mode mais contient une vraie réponse à leurs besoins.




Décentralisation :
les contours des prochains transferts de ressources

Proximité, efficacité et responsabilité, tels sont les trois objectifs majeurs affichés par le Premier ministre pour la deuxième étape de la décentralisation. Avec la volonté, notamment, de déboucher sur une meilleure gestion des deniers publics.

En clôturant à Rouen, le 28 février, le tour de France des Assises des libertés locales et en présentant, à cette occasion, les transferts de compétences envisagés dans un proche avenir, Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, a tout d’abord rappelé sa vision de la gestion décentralisée, source « d’économies possibles et surtout de meilleure affectation des ressources ». « L’argent public est précieux, a-t-il déclaré. Il y a des marges de croissance prisonnières dans notre système centralisé, il faut les libérer ».

En écho aux élus locaux qui, par la voix de Daniel Hoeffel, président de l’Association des maires de France, demandaient « avec le nécessaire transfert des compétences, un transfert loyal des moyens financiers », le Premier ministre a assuré que l’Etat « ne décentraliserait pas les déficits ni les charges galopantes », et annoncé les principes de réforme qui seraient mis en oeuvre dans le domaine financier :
- l’Etat transférera aux collectivités les moyens qu’il consacrait lui-même jusque-là à chaque compétence concernée ;
- les ressources allouées aux collectivités pour l’exercice de leurs nouvelles compétences seront des ressources fiscales, et non des dotations. Régions et départements se verront ainsi affecter une part de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP), cette part « venant se substituer aux dotations existantes » ;
- les régions auront la possibilité de moduler le taux de TIPP dès que l’Etat aura réglé avec l’Union européenne les problèmes juridiques subsistant à ce propos. Cette étape franchie, le gouvernement « étudiera le transfert de la fiscalité directe régionale aux départements » ;
- le système des dotations de l’Etat aux collectivités sera réformé, avec le regroupement de certaines des dotations actuelles au sein d’une dotation globale de fonctionnement refondue ;
- les mécanismes de péréquation seront revus, pour introduire « une marge de manœuvre à l’échelon local » dans la répartition des dotations de péréquation.

A terme, estime Jean-Pierre Raffarin, « la décentralisation permettra de faire baisser la pression fiscale ». Afin de « veiller au respect de cet engagement », il propose au Parlement de créer un observatoire pluraliste comprenant, outre des parlementaires, des élus locaux ainsi que des représentants des forces vives.

En ce qui concerne les moyens financiers et humains bientôt transférés aux collectivités locales, le Premier ministre les évalue à dix milliards d'euros pour les crédits d’intervention, et à 150.000 agents publics. La rédaction des « cahiers des charges » relatifs à ces transferts est annoncée pour l’automne 2003.

Pour en savoir plus sur les transferts de compétences et les expérimentations à venir :

Les 20 décisions pour changer la France
Le discours de Jean-Pierre Raffarin à Rouen

  QUOI DE NEUF SUR MINEFI COLLECTIVITES LOCALES
MARCHÉS PUBLICS


Réforme du code
En réponse à la question écrite d'un parlementaire, le ministre de l'Economie, des finances et de l'industrie confirme l'allègement prochain des contraintes qui pèsent actuellement sur les acheteurs publics en matière de seuils.
Réforme du code des marchés - Question écrite AN n°9815 - 03/03/2003

Jurisprudence
Deux décisions très attendues du Conseil d'Etat relatives au code des marchés publics viennent d'être publiées. La première, sur requête déposée par l'Union nationale des services publics industriels et commerciaux, annule l'article 3-7 du code excluant les contrats de mandat de son champ d'application. La seconde rejette une requête formulée par l'Ordre des avocats à la cour d'appel de Paris.
Conseil d'Etat n°233372 - Séance du 21 février 2003, lecture du 5 mars 2003 - UNSPIC et autres
Conseil d'Etat n°238039 - Séance du 21 février 2003, lecture du 5 mars 2003 - Ordre des avocats à la cour d'appel de Paris

Télécommunications - Achats de services
La direction générale de l'Industrie, des technologies de l'information et des postes (DIGITIP) vient de publier un document d'orientation pour l'achat de services de télécommunications par le secteur public.
Guide de recommandations pour l'achat public de services téléphoniques

Arrêté du 31 janvier 2003 sur l’application de l’article 46 du code des marchés
L’article 46 du code des marchés publics prévoit que les candidats attestent par une simple déclaration sur l’honneur du respect de leurs obligations fiscales et sociales.
En savoir plus

GESTION LOCALE


Fonds structurels européens

Devant le constat d’une faible consommation des crédits alloués dans le cadre des fonds structurels, le gouvernement a décidé de publier fin 2002 deux circulaires destinées à améliorer l’accès aux programmes régionaux communautaires et à simplifier la mise en œuvre des fonds structurels.
Les mesures nationales

FISAC - Actualité réglementaire
Décret n° 2003-107 du 5 février 2003 relatif au Fonds d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce
Arrêté du 13 février 2003 pris pour l'application du décret n° 2003-107 du 5 février 2003 relatif au Fonds d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce
Circulaire du 17 février 2003 relative au Fonds d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce

Aides des collectivités locales aux entreprises
Une circulaire du ministre délégué aux Libertés locales, relative à la loi n°2002-276 du 27 février 2002 sur la démocratie de proximité, commente le rôle de la région en matière d’aides directes aux entreprises.
Circulaire NOR/LBLB/0310007C du 16 janvier 2003 sur la mise en œuvre de la loi du 27 février 2002, concernant les aides des collectivités locales aux entreprises

Sécurité des services publics locaux
Une instruction récente du ministère de la Jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche commente la nouvelle réglementation applicable à compter du 1er mai 2003 pour les centres de vacances à l'occasion des vacances scolaires, des congés professionnels et des loisirs.
Instruction NOR/MEN/JO3000290J du 23 janvier 2003 pour les centres de vacances

Le rapport annuel 2002 de l'Observatoire national de la sécurité des établissements scolaires et d'enseignement supérieur (Chapuis - Schléret) explore trois nouveaux champs d'activité de cette instance : la protection vis-à-vis des risques exceptionnels, l'information et la formation en matière de sécurité à tous niveaux de responsabilité, l'apport d'une contribution française à l'émergence d'une culture européenne et internationale de sécurité.
Rapport annuel 2002 de l'Observatoire national de la sécurité des établissements scolaires et d'enseignement supérieur

Développement local - Questions parlementaires
Politique de développement rural - Question orale AN - 4 mars 2003
INTERCOMMUNALITE


Données chiffrées

Avec 2 360 groupements de communes à fiscalité propre, soit un total de 80% des Français vivant en intercommunalité, le bilan de la loi du 12 juillet 1999, dressé par la direction générale des Collectivités locales (DGCL) au 1er janvier 2003, témoigne de la consolidation de l'intercommunalité dans le paysage local français.
Le bilan de l'intercommunalité au 1er janvier 2003
La carte de l'intercommunalité en 2003
Intercommunalité : données statistiques et détaillées

Questions parlementaires
Apports de fonds de concours - Question orale AN - 04/03/2003

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