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STATISTIQUES
PUBLIQUES
L’INSEE mise sur Internet
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La plupart des statistiques diffusées par l’INSEE
sont d’ores et déjà accessibles par Internet.
L’option du "tout Internet" va encore s’accentuer
dans les prochaines années, notamment pour les données
disponibles au niveau communal. Un point sur cette révolution
tranquille avec Pierre Audibert, directeur de la diffusion et de
l’action régionale à l’INSEE.
Savez-vous qu’on prévoit, pour 2030,
67 millions d’habitants en France, avec une proportion de
plus de 60 ans dépassant les 35% dans des régions
comme l’Auvergne, la Bourgogne et le Limousin ? Qu’en
2004, on recensait 54% de célibataires à Rouen, pour
35% seulement à Montauban ? Ou encore qu’on dénombrait,
toujours en 2004, 22.569 hôtels et restaurants en région
Provence-Alpes-Côte d’Azur, dont 87% d’établissements
employant moins de cinq salariés ?
Pour qui se promène régulièrement
sur le site Internet de l’Institut national de la statistique
et des études économiques (INSEE), www.insee.fr,
le moins qu’on puisse dire est que l’information n’y
manque pas, aussi bien nationale qu’à l’échelle
des régions, départements ou communes, et tant rétrospective
que prospective. "Notre politique, résume Pierre Audibert,
directeur de la diffusion et de l’action régionale
à l’INSEE, est désormais de privilégier
Internet comme vecteur de diffusion statistique, quelle que soit
la nature de l’information et ce, en direction de tous les
utilisateurs, collectivités locales comprises."
Ce tournant, amorcé il y a quelques années
et poursuivi avec constance, a supposé de la part de l’INSEE
un changement complet de politique, aussi bien en termes de tarification
que d’autorisation de diffusion de l’information fournie.
D’une situation où l’INSEE faisait payer la quasi
totalité des informations, y compris celles qui sont indispensables
à la gestion locale, avec des conditions strictes quant à
leur rediffusion, on est passé à la statistique téléchargeable
gratuitement sur Internet. "Tous les verrous ont sauté,
résume Pierre Audibert, mais je ne suis pas certain que les
collectivités en soient forcément conscientes."
Il existe bien une boutique en ligne proposant des versions papier
de grands classiques comme "La France et ses régions"
ou "Les tableaux de l’économie française",
ainsi que toutes les revues éditées par les directions
régionales de l’INSEE, mais une grande partie de ces
documents est simultanément proposée en téléchargement
à coût zéro.
A l’avenir, le mouvement de mise en ligne
de données dites "localisées" dans le jargon
INSEE, c’est-à-dire disponibles au niveau communal,
va s’accélérer. Chaque commune peut aujourd’hui
consulter les résultats du recensement de 1999, et l’on
trouve aussi, sur le site, les premiers éléments tirés
des campagnes 2004 et 2005 du nouveau recensement. A compter de
2009, une fois achevée la collecte complète de données
sur la période 2004-2008, il sera possible d’accéder
en ligne aux résultats complets du recensement, du niveau
national jusqu’au niveau le plus fin, celui du quartier IRIS
(1) d’environ 2.000 habitants.
Autre exemple, l’INSEE vient de développer
un outil dénommé "connaissance localisée
de l’appareil productif", afin de constituer une base
de données, par commune, des entreprises et de leurs établissements.
Dès que cet outil sera opératoire, il sera mis à
disposition sur Internet. Informations localisées sur les
revenus, sur les salaires, tout sera bientôt à la portée
d’un clic et, pour après-demain, l’unité
de base de diffusion des données devrait même être
le niveau infra-communal.
Le tout Internet a toutefois ses limites, admet
Pierre Audibert, la première étant technique : le
site de l’INSEE, qui peut paraître touffu, ne saurait
être bourré indéfiniment de nouvelles données.
A cela s’ajoute la protection de la confidentialité,
notamment pour les résultats des enquêtes-ménages
menées par l’Institut : le fichier des réponses,
avant diffusion, doit être nettoyé de tout ce qui pourrait
permettre d’identifier les personnes. La constitution de certains
tableaux, par exemple le tableau des salaires dans une zone d’emploi,
nécessite d’accéder à des fichiers non
anonymisés. Pas question, en pareil cas, pour l’internaute,
de construire directement son tableau à partir de données
en ligne : il lui faut solliciter le concours d’un agent de
l’INSEE qui, lui, est habilité à utiliser une
information non anonymisée (2).
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Pierre Audibert,
directeur de la diffusion et de l'action régionale
à l'INSEE
Photo : Dominique Vannoote - INSEE
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Qu’en est-il des études sur-mesure
réalisées par l’INSEE à la demande d’une
collectivité locale, par exemple lorsqu’un conseil
régional souhaite qu’on évalue l’attractivité
économique de la région ? Là non plus, le secret
n’est pas de mise. "Une fois l’étude réalisée,
insiste Pierre Audibert, le principe absolu est qu’elle soit
rendue publique. Dans un cas comme celui-là, l’INSEE
apporte une contribution à l’éclairage des politiques
publiques, et il semble naturel que le public ait accès à
l’analyse réalisée." L’étude
peut être mise en ligne sur le site régional de l’INSEE,
ou bien sur le site de la collectivité commanditaire. Chaque
année, 250 études de ce type environ sont réalisées,
soit à la demande de grandes collectivités (conseils
régionaux, conseils généraux, communautés
urbaines, etc.), soit à la demande des services extérieurs
de l’Etat (secrétariats généraux pour
les affaires régionales, notamment).
Reste la question des petites collectivités,
pour lesquelles le remplacement de la diffusion papier par la mise
en ligne de données sur Internet est peut-être prématuré.
"Je n’aurais pas tenu ce discours il y a cinq ans, mais
je crois maintenant qu’à terme, même les plus
petites collectivités utiliseront Internet, estime Pierre
Audibert. La question, pour l’INSEE, est d’arriver à
gérer la transition sans, pour autant, remettre en cause
la politique du tout Internet : il serait regrettable de freiner
un mouvement qui bénéficiera, dans le futur, à
tous les utilisateurs."
Si l’INSEE dématérialise la
diffusion des données qu’il produit, les avancées
sont-elles aussi significatives dans l’autre sens, en ce qui
concerne la collecte dématérialisée de l’information
brute ? "L’INSEE modernise aussi ses supports de collecte
auprès des collectivités territoriales, assure Pierre
Audibert : les près de 700 communes ayant une maternité
nous télétransmettent déjà l’ensemble
des données d’état civil, et l’objectif
est d’étendre autant que faire se peut cette dématérialisation".
Le chantier, là, est immense. Il l’est aussi pour le
recensement sur Internet où les exemples étrangers
montrent que les pays les plus avancés comme la Nouvelle-Zélande,
le Canada ou l’Australie peinent à atteindre les 20%
de collecte dématérialisée.
Notes :
(1) IRIS : îlots regroupés pour l'information
statistique.
(2) Les études spécifiques de cette
nature sont réalisées par l’INSEE, sur devis,
avec facturation au temps passé.
Pour en savoir plus :
Le Conseil
national de l’information statistique (CNIS) organise,
le 22 janvier prochain, une rencontre sur le thème
"L'accès à l'information statistique à
l'heure d'Internet". Au cours de cette journée,
l’INSEE ainsi qu’Eurostat présenteront
leur politique de mise à disposition sur Internet,
en la confrontant aux attentes et aux critiques des utilisateurs
de statistiques publiques habitués d’Internet.
Sera aussi débattue la contradiction entre les besoins
des chercheurs et des acteurs locaux, qui souhaitent accéder
à des informations individuelles ou finement localisées,
et la nécessaire préservation de la confidentialité
des données.
Pour accéder au programme détaillé de
la journée :
CNIS
- L'accès à l'information statistique à
l'heure d'Internet - Rencontre du 22 janvier 2007 - Programme
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