Aménagement du territoire : priorité aux
initiatives locales
Dix-huit mois après le dernier Comité interministériel
d'aménagement et de développement du territoire tenu à Limoges, la convocation récente
dune réunion de cette instance a permis au Gouvernement de préciser ses
orientations en matière daménagement du territoire.
"Le temps où lEtat prenait ses ciseaux et découpait les
territoires est terminé", déclarait il y a peu le Premier ministre devant quelque
2.000 acteurs locaux réunis (1). "Aux territoires, ajoutait-il, de
définir eux-mêmes leurs perspectives et leurs projets." Le Comité
interministériel d'aménagement et de développement du territoire (CIADT) réuni le 13
décembre dernier a permis au Gouvernement darrêter les conséquences pratiques de
ce principe - principe par ailleurs cohérent avec lengagement de la France dans la
deuxième étape de la décentralisation.
LEtat, garant de la solidarité entre les territoires,
sengage à présenter désormais au Parlement, tous les trois ans, un "état
des lieux" des inégalités territoriales. Et dès 2003 est prévu le dépôt de
projets de lois relatifs aux espaces considérés comme les plus sensibles, lespace
rural dune part, la ville dautre part.
Le CIADT du 13 décembre a confirmé la révision des contrats de Plan
Etat-régions (CPER) à mi-parcours, louverture du chantier devant intervenir dès
ce mois de janvier à linitiative des préfets, pour une conclusion de la procédure
au plus tard au premier semestre 2004. Parmi les évolutions annoncées figure
louverture des financements du volet territorial des CPER à dautres projets
que ceux portés par les pays, les agglomérations et les parcs naturels régionaux, à
condition, bien évidemment, que ces projets "respectent des exigences de cohérence
territoriale". La date butoir pour la signature des contrats de territoire pourrait
être repoussée au 31 décembre 2004.
En parallèle devrait souvrir prochainement le chantier de
réforme de la procédure des pays, avec un objectif affiché de simplification. Il
sagit là, affirme Matignon, de "revenir à lesprit dorigine de la
politique des pays", en privilégiant une logique de projets libérée des
"procédures inutilement complexes".
Le CIADT a reconnu par ailleurs limportance des
télécommunications pour les collectivités locales. Dune part, le code général
des collectivités territoriales sera modifié, de façon à accroître le périmètre
dintervention de ces dernières, selon des modalités et un champ à
déterminer, dans le cadre dun projet de loi déposé au Parlement au deuxième
trimestre 2003, après concertation, entre autres, avec les associations d'élus.
Dautre part, lEtat, aux côtés des opérateurs de téléphonie mobile et des
collectivités locales, engagera dès 2003 un plan triennal dachèvement de la
couverture du territoire en téléphonie mobile, décliné au niveau régional pour
répondre aux besoins prioritaires exprimés par les collectivités.
Un mémorandum sur la réforme de la politique européenne des fonds
structurels a été approuvé par le CIADT. Ce texte donne la priorité aux pays et
régions de lUnion européenne en retard de développement et propose des mesures de
simplification des procédures, dans la perspective de la prochaine programmation, soit à
compter de 2007. Des simplifications de procédures budgétaires ont été décidées pour
les crédits contractualisés, notamment en ce qui concerne le volet territorial des CPER
et les programmes interrégionaux.
Enfin, des mesures territoriales ont été prises, en particulier
concernant lagglomération toulousaine, la ville de Strasbourg et les régions
Aquitaine et Languedoc-Roussillon.
Le prochain CIADT est annoncé pour le mois de juin 2003.n
Note : (1) Déclaration effectuée lors
les Assises des libertés locales tenues à Caen le 7 décembre 2002.
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