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Finances locales : les maires jugent la réforme inéluctable
Lors de la traditionnelle
séance plénière "finances" du Congrès des maires, le 21 novembre dernier,
les élus locaux ont souhaité que l'Etat sengage rapidement dans la voie de la
réforme financière et fiscale.
Après la réforme constitutionnelle
actuellement débattue au Parlement, les élus locaux attendent avec impatience les lois
organiques ou ordinaires qui viendront à sa suite. "Chaque année, on parle de cette
impossible réforme des finances locales, rappelle Gilles Carrez, député-maire du
Perreux-sur-Marne (30.227 hab., Val-de-Marne) et rapporteur général du budget à la
commission des Finances de lAssemblée nationale. Là, nous sommes au pied du
mur." Interrogés (1) sur ce quils attendent concrètement de
linscription du principe dautonomie financière des collectivités locales
dans la Constitution, les maires et présidents de groupements intercommunaux effectuent
le classement suivant :
- 23,3% d'entre eux souhaitent que les communes
reçoivent une part dun impôt perçu par lEtat ;
- 23,1% demandent que l'Etat mette en uvre une
révision des valeurs locatives ;
- 22% réclament quune part importante de leurs
ressources dépende de leurs décisions propres.
Ces réponses, tout comme la prise de
position officielle de la commission des Finances de lAssociation des maires de
France (AMF), témoignent dune volonté réelle de changement, sans pour autant
appeler un bouleversement radical. "Nous proposons une évolution significative et
non une révolution du système fiscal", déclare Philippe Laurent, maire de Sceaux
(19.850 hab., Hauts-de-Seine) et président de la commission des Finances de lAMF.
Ainsi, souligne-t-il, les maires sont "attachés à limpôt foncier",
impôt de stock beaucoup moins "risqué" pour les budgets locaux quun
impôt portant sur les flux.
Lexemple de lAllemagne, où
limpôt local sur les activités économiques est assis sur les bénéfices
réalisés par les entreprises, incite en effet à la prudence. Quand la conjoncture
économique est devenue mauvaise, raconte Jacques Guerber, président du directoire de
Dexia Crédit local, "certaines villes allemandes ont vu les recettes provenant de
leurs impôts baisser de 60% dune année sur lautre". Priorité, donc,
"au sauvetage, cest-à-dire à la modernisation de nos impôts
traditionnels", conclut Gilles Carrez.n
Note : (1) Enquête réalisée auprès de 2.000 maires
et présidents de groupements intercommunaux par lAssociation
des maires de France à loccasion de son 85ème congrès
(premiers résultats diffusés dans la Lettre de Maires de France
le 19 novembre 2002).
Exclusivité : Alain Lambert répond aux élus
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Oui à la réforme des finances locales,
dans un esprit de responsabilité partagée entre tous les acteurs, déclare le ministre
délégué au Budget et à la réforme budgétaire. |
La Lettre dinformation MINEFI
COLLECTIVITES LOCALES Voilà des années
quest évoqué, lors de chaque Congrès des maires, le thème de
"limpossible réforme des finances locales". Linscription du
principe dautonomie financière des collectivités dans la Constitution va-t-elle
enfin permettre, lan prochain, douvrir ce vaste chantier ?
Alain Lambert Le Gouvernement a clairement
indiqué que les finances locales feraient lan prochain lobjet dune
réforme en profondeur. Cette réforme visera tout dabord à accroître
lautonomie financière des collectivités. A cet effet, lEtat devra
transférer des ressources fiscales en substitution de dotations ou en compensation de
compétences locales nouvelles. La piste dun transfert de TIPP apparaît à cet
égard intéressante ; en effet, les bases de cet impôt sont à la fois localisables
et correctement réparties entre les différentes régions. Certains aspects juridiques et
techniques, toutefois, doivent encore être expertisés. Par ailleurs, la réforme
concernera aussi la péréquation et la simplification des concours de l'Etat.
La Lettre A partir du premier pas vers la déliaison des taux prévu en
loi de finances pour 2003, les maires réclament, pour lavenir, quon
sachemine progressivement vers la déliaison totale. Cette revendication vous
paraît-elle légitime ?
A.L. A terme, la déliaison des taux
apparaît comme la conséquence logique de la révision constitutionnelle et du principe
dautonomie financière. Le Gouvernement a dores et déjà accompli un pas
décisif en rompant avec une règle établie depuis 22 ans. Je comprends limpatience
des élus, car je léprouve moi-même en tant quélu local. Mais il faut aussi
tenir compte de linquiétude des entreprises qui contribuent à la création de la
richesse nationale richesse sur laquelle limpôt est assis. Jai la
certitude que les élus sauront rassurer les milieux économiques en démontrant leur sens
des responsabilités, et que nous pourrons ainsi progresser rapidement vers la liberté
totale de fixation des taux.
La Lettre Les maires réclament, pour lavenir, une indexation de
lenveloppe normée des dotations de lEtat sur la moitié de la croissance, au
lieu du tiers actuellement prévu par le contrat de croissance et de solidarité. Vous
leur avez clairement répondu que ce ne serait pas possible pour 2003, mais quen
sera-t-il au-delà ?
A.L. En 2002, lactuel gouvernement a
trouvé un déficit majoré de 50% par rapport aux prévisions du précédent
gouvernement. Cest dans ce contexte que nous avons élaboré le budget 2003 en
maintenant, malgré les difficultés de la conjoncture budgétaire, le contrat de
croissance et de solidarité. Nous avons ainsi voulu démontrer notre attachement à la
préservation des équilibres financiers des collectivités locales. Les années à venir
seront marquées par la nécessité de réduire les déficits publics, pour ne pas
reporter inéluctablement le fardeau de la dette sur les générations futures. Ce
contexte ne semble pas de nature à nous permettre daller au-delà de leffort
effectué cette année, qui est déjà considérable.n
Suppression du contrôle du seuil
des marchés : réactions partagées dans le secteur local
Lannonce faite en
octobre de la suppression du contrôle du seuil des marchés par le comptable public
suscite, paradoxalement, quelque inquiétude dans certaines collectivités.
Elus et fonctionnaires territoriaux ont
pris connaissance de lannonce faite par Francis Mer, ministre de l'Economie, des
finances et de l'industrie, et Alain Lambert, ministre délégué au Budget et à la
réforme budgétaire, le 10 octobre dernier, de la suppression programmée du contrôle
par le comptable public du seuil défini par le nouveau code des marchés. Une relative
inquiétude sest fait jour depuis, dans certaines collectivités, devant cette
mesure nouvelle pouvant être ressentie comme une insécurité juridique supplémentaire.
Lappréciation des seuils ne se
faisant plus, comme par le passé, par référence au fournisseur, mais en fonction de la
nomenclature prévue par larticle 27 du nouveau code (par type de fournitures ou de
prestations de services homogènes), le contrôle du respect du nouveau seuil aurait
supposé, pour être effectif, la transmission par lordonnateur au comptable
dun volume dinformations disproportionné par rapport au résultat recherché.
En outre, le contrôle du comptable sur
le respect des seuils nintervient, dans tous les cas, quau stade du paiement,
cest-à-dire une fois service fait, donc bien longtemps après que la collectivité
a contracté un engagement juridique auprès de son fournisseur : une erreur
éventuelle détectée à ce stade ne peut déboucher que sur la suspension du paiement
par le comptable, cest-à-dire, pour la collectivité, sur de grandes difficultés
à régler son fournisseur, qui sen trouve ainsi lésé. Par ailleurs, ce contrôle
na jamais pu régulariser a posteriori une procédure dachat mal
engagée ; aussi sa suppression naura-t-elle aucune incidence directe sur la
sécurité juridique de lachat public.
Il appartient donc désormais aux
collectivités de retenir la procédure dachat appropriée, au stade de la
définition de leurs besoins. Il en résultera une atténuation des risques
dirrégularités dès lors que les contrôles seront opérés au bon moment,
c'est-à-dire en amont. Dans ce cadre, le comptable public, lui, peut toujours être
sollicité par lacheteur, étant entendu quon se situe alors clairement sur le
terrain du conseil et non du contrôle.n
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