Finances locales > Comptabilités locales > La comptabilité M14 > L'INSTRUCTION BUDGETAIRE ET COMPTABLE M14 AU 1ER JANVIER 2008 > Titre 2 - Les protocoles informatiques


Titre 2 - Les protocoles informatiques

1. LA NOTION D'INTERFACE
2. LES PROTOCOLES "INDIGO" ET "OCRE"

Le présent titre a pour finalité de rappeler la façon dont le maire et le comptable organisent matériellement les échanges d'informations budgétaires et comptables qui leur sont nécessaires pour assumer les missions dont ils ont respectivement la charge.

L'existence d'un budget et l'application des règles de la comptabilité publique aux communes comme à l'ensemble des collectivités locales, s'expliquent par le caractère public de leurs ressources et plus particulièrement par le recours à l'impôt. La séparation des fonctions qui en découle, entre le maire et le comptable, donne au conseil municipal l'assurance que les autorisations qu'il accorde en votant le budget, seront respectées.

Toutefois, cette organisation, qui contribue à rendre particulièrement fiable les mouvements financiers et comptables d'une commune, ne doit pas priver le maire de sa liberté de gestion ni entraver le bon fonctionnement des services communaux.

C'est la raison pour laquelle la présente instruction a prévu des échanges d'informations réciproques entre le maire et le comptable.

Le maire doit ainsi transmettre au comptable les décisions budgétaires, les titres de recettes et les mandats de paiement accompagnés de leurs bordereaux.

De son côté, le comptable doit porter régulièrement à la connaissance du maire, selon des périodicités définies au titre 4, chapitre 2 "La comptabilité du receveur municipal" du présent tome, toutes les données enregistrées dans sa comptabilité notamment celles concernant les encaissements et les décaissements.

Cette mise à disposition d'informations peut prendre des formes diverses selon les besoins des services de l'ordonnateur. Il s'agit, dans la plupart des cas, d'états portant sur la situation de trésorerie, des comptes de tiers (classe 4) et financiers (classe 5) et du développement de certains soldes.

En outre, le comptable adresse, périodiquement, une copie de la "balance générale des comptes" à l'ordonnateur.

Ces échanges d'informations peuvent être assurés sous forme papier et transmis par voie postale. Ils peuvent aussi prendre des formes plus modernes en utilisant des supports magnétiques et de messageries informatiques mais cela suppose au préalable la détermination de normes communes.

Les structures des fichiers d'échanges et de données dématérialisés entre les ordonnateurs et les comptables, les informations échangées et leurs caractéristiques, ainsi que toute évolution relative à leur modification sont fixées par les annexes n°10 et 11 du présent tome, après concertation avec les associations ou organismes représentant les collectivités et établissements concernés.

1. LA NOTION D'INTERFACE

Le recours à l'informatique a conduit à repenser les modalités d'échange d'informations entre l'ordonnateur et le comptable.

Des procédures d'interface ont ainsi été mises en place pour assurer la continuité des traitements entre les services de l'ordonnateur et ceux du comptable, quels que soient les équipements dont ils sont dotés (1).

En effet, pour que les outils informatiques du comptable puissent donner leur pleine mesure, il est apparu opportun de rechercher une complémentarité avec les moyens de traitement dont dispose le maire.

Des systèmes totalement incompatibles entre eux conduisent à la ressaisie des données, d'où un ralentissement des traitements, des risques d'erreurs et des retours d'informations moins aisés : la généralisation de procédures d'interface qui définissent des normes communes tout en préservant les prérogatives des ordonnateurs, notamment dans le choix de leurs équipements informatiques, doit permettre d'y remédier.

Note :

(1) L'informatisation des trésoreries s'appuie sur deux techniques différentes :
- la télégestion qui fait intervenir un département informatique du Trésor relié à plusieurs trésoreries municipale par une liaison spécialisée ;
- la microinformatique qui équipe le poste comptable de manière autonome.

Le recours à l'une ou à l'autre de ces techniques est en général fonction de la taille de la commune, la télégestion étant réservée de préférence aux postes gérant des collectivités locales ayant à traiter un volume élevé d'opérations.

2. LES PROTOCOLES "INDIGO" ET "OCRE"

Dans le cadre des travaux conduits avec le Conseil national des services publics départementaux et dommunaux, des procédures d'échanges avaient été arrêtées et mentionnées dans un document dénommé "Protocole RCT".

La rénovation du cadre budgétaire et comptable des collectivités a fourni l'occasion d'actualiser ce protocole et de systématiser les retours d'informations en provenance du comptable.

Il existe deux protocoles distincts :
- un protocole, dans le sens "aller", appelé INDIGO (annexe n°10) ;
- et un protocole, dans le sens "retour", appelé OCRE (annexe n°11).

2.1. LE PROTOCOLE "INDIGO"

Ce protocole correspond aux échanges d'informations émanant du conseil municipal à destination du comptable. C'est la raison pour laquelle, il est appelé protocole "aller". Son intitulé "INDIGO" signifie " INterface D'échange d'Information de Gestion Ordonnateur-comptable ".

Le protocole INDIGO comprend trois fichiers de base :

- " INDIGO BUDGET ", pour les données budgétaires ;
- " INDIGO TITRE ", pour les émissions de titres ;
- " INDIGO MANDAT ", pour les émissions de mandats.

A ces trois fichiers, le protocole INDIGO intègre un fichier appelé "INDIGO INVENTAIRE", destiné au suivi informatisé de l'état de l'actif, par le biais d'un numéro d'inventaire (Cf. titre 4, chapitre 3 "L'inventaire" du présent tome).

Le protocole INDIGO généralise, en outre, des zones de références stables permettant notamment d'identifier les fournisseurs et les redevables de la commune, sous réserve bien évidemment que ces zones soient servies par les services municipaux. Il est précisé que les identifiants retenus par la commune doivent être en conformité avec la législation " informatique et liberté " et avec les dispositions de la Commission nationale informatique et liberté (CNIL) telles que définies par la loi du 6 janvier 1978.

Enfin, ce protocole permet de gérer les cas d'imputation multiple et intègre les nouvelles normes postales et bancaires.

Le protocole "INDIGO" est joint en annexe 10 du présent tome.

2.2. LE PROTOCOLE "OCRE"

L'intitulé "OCRE" signifie Ordonnateur Comptable REtour.

Il permet aux ordonnateurs qui le souhaiteraient de disposer de l'ensemble des données détenues dans les fichiers de l'ordonnateur.

En effet, le protocole OCRE est destiné à restituer au maire la "valeur ajoutée" apportée par le comptable dans le traitement des opérations reçues de la commune.

Peuvent notamment être disponibles :

- les dates de prise en charge, de paiement et de recouvrement ;
- la nature des recettes et des dépenses encaissées ou payées avant émission de titres ou de mandats;
- la situation des débiteurs, des créanciers et des tiers.

En outre, le protocole OCRE met à disposition des services ordonnateurs les données détenues par le comptable sous une logique de flux, après avoir fourni, au démarrage du système, une situation globale des titres, mandats et comptes de tiers.

Cette logique de flux conduit à ne fournir que les informations afférentes à une période donnée (par exemple, la prise en charge entre le 1er mars N et le 31 mars N).

Enfin, le fichier OCRE suppose, pour être opérationnel, que la commune définisse auparavant ses besoins et mette au point un applicatif qui lui soit propre, de type "tableau de bord" ou "contrôle de gestion".

Le fichier OCRE est restitué au maire selon la périodicité (quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle) et le type de support souhaité suivant des modalités à définir avec le département informatique du Trésor public.

Le protocole "OCRE" est joint en annexe 11 du présent tome.

Les interfaces INDIGO et OCRE permettent ainsi de renforcer les liens entre les services de l'ordonnateur et ceux du comptable. Ils raccourcissent les délais de traitement des opérations. Ils participent de cette façon à la modernisation de la gestion locale et accélèrent la restitution des informations traitées par le comptable public.

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